Photo – Le maire d’Epinay-Sur-Seine, Hervé Chevreau, devant la statue de Mustafa Kemal Atatürk en Turquie.
C’est avec stupeur que nous apprenons qu’une statue de Mustafa Kemal Atatürk, décrit comme « le plus grand homme du siècle » par Hitler, est sur le point d’être inaugurée dans la ville d’Epinay-sur-Seine mais nous ne pouvons rester silencieux. Ce monument ne reflète ni la justice, ni la vérité historique, ni le respect des victimes de répressions et de violences, mais une honte.
POURQUOI NOUS OPPOSONS-NOUS À CETTE STATUE ?
Atatürk et la continuité du génocide arménien et grec : Le génocide des Arméniens ne s’est pas terminé en 1915. L’ouvrage, Parachever un génocide, Mustafa Kemal et l’élimination des rescapés arméniens et grecs (1918-1922), expose la destruction des Arméniens, des Grecs et d’autres minorités qui s’est poursuivie sous la direction des Jeunes-Turcs nationalistes avec le soutien actif de Mustafa Kemal Atatürk. Souvent présenté comme progressiste, ce dernier a en réalité contribué à l’élimination organisée des survivants des massacres antérieurs, dans le cadre de la construction de l’État-nation turc.
Un projet d’homogénéisation ethnique : En collaborant avec les responsables des massacres et bénéficiant du soutien de l’opinion publique turque, Atatürk a non seulement poursuivi les violences, mais il a aussi intégré ces crimes de masse dans le fondement de la République turque moderne.
Génocide des kurdes de Dersim : Durant les années 1937-1938, sous le régime d’Ataturk, eut lieu une campagne d’extermination de la population civile de la province kurde de Dersim, rebaptisée Tunceli depuis par les Turcs. Aujourd’hui, les Dersimis luttent pour que ce crime soit reconnu en tant que génocide par des instances internationales comme les Nations-Unies.
La vérité historique contre la célébration aveugle : Honorer Atatürk avec une statue, c’est ignorer cette vérité. Ces crimes ne peuvent être dissociés de son héritage et de la fondation de la Turquie. Nous devons nous poser cette question cruciale : la Turquie contemporaine porte-t-elle encore l’empreinte des violences commises contre les Arméniens, les Syriens et les Grecs ottomans ? La réponse est claire, célébrer Atatürk à travers une statue, c’est ignorer et nier les souffrances des Arméniens, des Grecs, des kurdes et des autres minorités qui ont été éliminées dans la construction de l’État turc.
Image – Autorisation d’installation du buste de Kemal Ataturk à Epinay-Sur-Seine
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